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« L’Abeille, douce et noble alliée »

 L'ABEILLE,  DOUCE ET NOBLE ALLIÉE

La survie de l'abeille, c'est la survie de l'humanité.            
Le rôle de l'abeille est essentiel, irremplaçable et vital
.              
Aujourd'hui encore, il s'avère que là où l'homme intervient dans les forces de la nature, loin d'améliorer les choses, il les aggrave.

Au cours des 25 dernières années, le travail des apiculteurs a beaucoup changé. La commercialisation à outrance du miel, souvent importé et mis en pot sans aucun contact avec l'abeille, menace l'art et les traditions apicoles.  La logique marchande défigure le rôle de l'apiculteur pour lui donner des airs de courtier en miel. L'apiculteur a un rôle très important à jouer car plus de 40% des aliments que nous consommons sont produits par la pollinisation des insectes et l'abeille est le principal pollinisateur. Le rôle de l'abeille dans notre alimentation va donc plus loin que la  production  du miel.                                                                                                         
L'abeille est responsable de la biodiversité, de la reproduction,  la survie et l'évolution de plus de 80% des espèces de plantes et de fleurs ...               
Pour bien comprendre, voici un court exposé de botanique... L'abeille est née en symbiose avec les plantes à fleurs et depuis 40 millions d'années elle recueille le grain de pollen, fruit de l'étamine qui est l'organe reproducteur mâle de la fleur (ce que le sperme est à l'humain) et le transporte de fleur en fleur en butinant. Le pollen est déposé sur le stigmate au sommet du pistil, l'organe femelle de la fleur, où germera le grain de pollen jusqu'à l'ovule qui sera fécondée et qui donnera la graine et  reproduira la plante...                                                                                                                    
L'abeille et la fleur!... Quelle belle histoire d'amour! Comprendre le rôle de l'abeille est primordial et essentiel dans la survie de l'humanité. S'il n'y a plus de pollinisateur, il n'y a plus de reproduction...plus de reproduction, plus de plantes...plus de plantes, plus de fruits, plus de fleurs, plus de légumes, plus d'arbres...plus d'oxygène ...(car ce sont les plantes et les arbres qui fabriquent pour nous l'oxygène que nous respirons. Einstein disait :                                                                                                                                              
« Si l'abeille venait à disparaître de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que cinq années 
 à  vivre ».                                        
En 2007, plus de la moitié de la population mondiale des abeilles a disparu... C'est un signal d'alarme et cette réalité en inquiète plus d'un. Que se passe-t-il ? On assiste au syndrome d'effondrement de l'abeille car elles sont en crise et sont sérieusement menacées actuellement. « Depuis 40 millions d'années l'abeille est là...telle  la pierre d'assise de l'humanité où elle est arrivée « parfaite ». Dans les cinquante dernières années seulement, depuis les dernières guerres  mondiales exactement,  toutes les structures ont été déstabilisées et fragilisées par l'ère de l'industrialisation
et de la« modernisation ».                                                                                       
La cause en est le détachement de l'humanité enversl la nature.                                                                                                                         
 Les coupables identifiés  sont reliés directement à l'industrialisation de l'agriculture : 
1* : L'agriculture intensive priorisant les monocultures à grandes surfaces (déserts verts)qui détruisent la biodiversité florale essentielle à l'alimentation de l'abeille                            
2* : L'usage intensif de pesticides et insecticides sur les plantes est très nocif pour les abeilles et tous les pollinisateurs ( bourdons, guêpes, etc.)                                                                                                                                                                                                         3* : Le stress des transports  associés  à l'utilisation excessive  des abeilles  pour la pollinisation  des cultures commerciales.                                                                                         

4* : Des races  d'abeilles  génétiquement  inadaptées  aux  conditions  climatiques nord-américaines et aux pressions de leur nouvel écosystème                                                                          

5* : Les tours pour cellulaires et les lignes à haute tension qui déstabilisent les abeilles où elles n'arrivent plus à retrouver leur ruche

Voir le documentaire « La Reine Malade » sur Facebook ou www.lareinemalade.com

C'est souvent quand ça va mal, à travers tous les cataclysmes que subit la planète actuellement, que l'homme s'éveille à la réalité. Le tremplin à franchir pour chacun de nous  consiste en un changement radical de nos valeurs.Des pistes de solutions pour un futur proche viable? Transformer les modèles d'agriculture actuels de monocultures et de surproductivité ...et décentralisation des cultures intensives de maïs à toute vitesse... Il importe à nous tous d'y voir.

Comment peut-on préserver le rôle des abeilles dans la vie de tous les jours?                                         

Comme citoyen-consommateur : par un choix de consommation raisonnée                   
1 : En achetant local : ce qui stimule l'économie d'une région (éviter miels argentins, australiens, chinois). La nature dans notre climat et environnement immédiat produit pour nous les  plantes parfaites et équilibrées pour notre propre consommation et en choisissant biologique, méthode de culture respectueuse de l'environnement, cela crée une énergie qui est bénéfique  et protège notre santé. Encourager les artisans locaux.                                                                                                   
2 : Par une prise en charge de notre manière d'agir avec la nature et notre environnement car l'homme est directement relié à son habitat : comment on se comporte avec la pelouse, le jardin, est-ce qu'on respecte les chenilles, les fourmis, les dandelions, le pissenlit (et sur ce dernier point, Anicet lance un juron et insiste fortement sur la nécessité de préserver cette plante et nous explique « haut et fort » que le pissenlit, considéré à tort comme une mauvaise herbe, est la plante la plus importante de la nature car elle stimule le règne des pollinisateurs, elle dynamise, et qu'en la détruisant, c'est comme si « on  coupait les pieds des abeilles »car elle est la 1ère plante à fournir  nectar et pollen .                                     
                                                        
3 : Être solidaires et crier haut et fort pour propager l'information. Créer un collectif qui fait « BOUM » et devenir porteurs de la prévention.

L'objectif visé, à travers l'apiculture durable et l'agriculture biologique, est de revenir aux valeurs propres de nos ancêtres et de développer l'art de travailler différemment dans le respect et l'harmonie avec la nature,  avec la Terre notre Mère, en évitant produits chimiques, fongicides, pesticides, hormones de synthèse, etc...

Anicet Desrochers, apiculteur et éleveur de reines, est né dans une ruche à Ferme-Neuve dans les Hautes Laurentides, dans les années '70, de parents qui étaient eux-mêmes apiculteurs artisanals d'où il reçut la passion en héritage. Jeunesse incarnant le respect et l'amour des abeilles, riche de 20 ans d'expérience, il étudie l'anthropologie, les cultures et l'alimentation, ce qui fut pour lui, une véritable révélation. Il a également fréquenté l'Université Fraser dans les provinces de l'ouest canadien où il a étudié la Biologie de l'abeille. Il visite et s'implique dans différentes cultures, de la Californie où l'on retrouve de gros éleveurs de reines, en passant par l'Europe jusqu'à l'Afrique qui produisent l'hydromel.

Les solutions à court et moyen terme qu' Anicet nous propose : il travaille la génétique des abeilles et nous dit : « En créant des virus, des bactéricides, acaricides, parasites, on a créé et activé une bombe atomique car tous ces produits créent des résistances et des maladies de plus en plus virulentes». C'est pourquoi il travaille  la défense et la résistance naturelle des abeilles,. Il est éleveur de reines, qui sont la « colonne vertébrale » des abeilles, et il approvisionne plusieurs  fermes apicoles de ses élevages. Il préserve la Terre dans son patelin,  son beau coin du pays, entouré de milieux forestiers, pour garder « PURE », la tradition.

Pour Anicet, ce lien intime qu'il entretient entre l'abeille et l'homme c'est :         
« l'Amour des abeilles, l'Amour des Reines, l'Amour de la VIE... c'est un PARTAGE,  une MÉDECINE,  une GUÉRISON »... « Les abeilles sont des alliées », nous dit ce jeune et fervent apiculteur passionné, « Il y a une fierté d'avoir travaillé à la sueur de son front! » Tout comme  les abeilles...qui elles, réussissent en 40 jours, les unes après les autres, à survivre et à garder l'humanité toute entière, vivante!--

En 2001, il crée avec sa conjointe  « Les Miels d'Anicet », au pied de la montagne du Diable, pour transformer la passion du miel, des abeilles et de leur environnement      en un art de vivre où il place compétence et savoir-faire au service des abeilles et il travaille à la protection du fragile écosystème, au progrès et à la survie des abeilles et de l'art apicole dans un bassin génétique permettant de bâtir sur un avenir durable dans le respect des ressources humaines et physiques. Il fait l'élevage des reines et possède 1,000 ruches où les abeilles responsables  parcourent collectivement,  au rythme des saisons,  50,000 km sur un territoire exempt de pesticides, de produits chimiques et d'OGM. Pour produire 500 gr de miel, les abeilles butinent de trois à    neuf millions de plantes et fleurs sauvages indigènes dans ce milieu privilégié.

Qui ne  connaît pas les multiples bienfaits des produits de l'abeille avec le miel, ce ''NECTAR DES DIEUX '' aux mille couleurs et saveurs ... le  pollen ,  partie   mâle   et substance reproductrice de la fleur, protéines de la ruche... la propolis , agent protecteur de la ruche consistant en une fine pellicule résineuse utilisée pour colmater les fissures, contrôler l'humidité et empêcher le développement des moisissures ou autres agents pathogènes aux vertus antibactériennes, antivirales, antioxydantes, cicatrisantes et antifongiques...la gelée royale, force de la nature créée par les jeunes ouvrières et clé de développement de toute la colonie, améliorant le système immunitaire...la cire, sécrétion de l'abeille pour confectionner les rayons de la ruche par les ouvrières et possédant des vertus anti-inflammatoires... et le venin de l'abeille qui nous pique de son dard...est un réajustement,  une invitation à devenir plus en harmonie avec la nature.

La nature a ses lois et une grande intelligence.  Lorsque l'abeille cherche du nectar, elle enlève naturellement aux plantes leur nectar. Ce nectar, dont nous avons besoin aussi, qui nous donne toutes sortes de fruits. Avez-vous déjà remarqué dans les régions d'apiculture  que les arbres fruitiers et plantes semblables réussissent mieux que les autres»?  Donc, lorsque les abeilles prennent le nectar aux plantes, la nature ne reste pas inactive car elle donne naissance à un plus grand nombre de plantes fécondes. L'homme a sa part de miel que lui donnent les abeilles et en plus, quelque chose lui est apporté par les plantes que les abeilles visitent. C'est une loi.

Dans la nature de cet organisme, la nature a déposé une merveilleuse sagesse. Les abeilles sont sous le signe de forces naturelles d'une extraordinaire importance et vraiment admirables.

Autrefois, lorsque les gens faisaient des bougies de cire et les allumaient, ils avaient vraiment le sentiment d'accomplir un acte sacré : « cette cire qui brûle là, nous l'avons prise à la ruche », et dans la cire en train de brûler, ils pressentaient, devant ce qui s'élevait vers le ciel, quelque chose qui suscitait en eux une dévotion particulière qui les conduisait à regarder l'abeille comme un animal particulièrement sacré. Quand nous remontons dans le temps, nous pouvons voir que les gens éprouvaient une vénération pour les abeilles. En ces temps anciens, l'abeille vivait à l'état sauvage et les gens les trouvaient et les considéraient comme une révélation. Plus tard, elles ont été domestiquées et on a étudié leur comportement, un faisceau d'énigmes merveilleuses.

L'abeille rapporte à la maison ce qu'elle recueille sur les plantes, transforme sa nourriture et élabore par son propre appareil digestif pour en faire de la cire qu' elle utilise pour construire de merveilleuses structures hexagonales qui deviendront de petits récipients pour y déposer les œufs ainsi que  pour y conserver des provisions.   Les parois hexagonales s'adaptent parfaitement les unes aux autres. Avec cette forme l'espace est entièrement utilisé, pas d'espace vide car tout se touche. Aussi, lorsque la petite larve est dans l'alvéole, où  résident les forces avec quoi l'abeille travaille,  elle est entièrement isolée dans ce petit logis à 6 parois et elle reçoit en son être ces formes qu'elle reproduira plus tard  en des cellules semblables.

Dans une ruche on retrouve différentes sortes de cellules. Les abeilles se développent en 21 jours et les faux-bourdons (les mâles) en 24-25 jours dans des alvéoles tandis que les reines se développent dans des cellules en forme de sacs en 16 jours. Les abeilles et les reines sont liées car elles sont enfants du soleil tandis que les  faux-bourdons vivent dans les conditions d'évolution terrestre.

Le « vol nuptial » où la reine vole aussi haut que possible à la rencontre du soleil, sera fécondée par le faux-bourdon qui sera capable de surmonter les forces terrestres au grand jour, en plein soleil (cela ne se passe pas par mauvais temps). Il y a procréation d'ouvrières par la fécondation et  le faux-bourdon est mis à mort par les ouvrières aussitôt après avoir rempli sa mission. Quand la reine n'est  pas fécondée, elle pondra quand même des œufs qui donneront seulement des faux-bourdons. Mais une ruche ne peut subsister dans ces conditions.

Les ouvrières parvenues à maturité, prennent leur envol pour se diriger vers les fleurs, les arbres, guidées par l'odorat par une prodigieuse sûreté car elles ne voient que très peu. D'après l'odeur, l'abeille rencontre la fleur où elle aspire le nectar avec sa trompe suceuse (avant de sortir de la plante, l'eau traverse un organe riche en sucre, le nectaire, localisé dans les fleurs  sur les pétioles, les pétales, sur les stipules, sous le limbe, etc. Le liquide sucré, le nectar, qui suinte sur les nectaires attire les insectes, notamment les abeilles et les fourmis) et recueille le pollen (organe reproducteur mâle de la fleur qui contient les protéines) avec  des « brosses » situées sur les pattes postérieures. Une  partie  de ce qu'elle recueille lui sert de nourriture et elle rapporte son « butin » à la ruche. Une part pour nourrir les larves,  pour les provisions, pour le travailler,  pour faire de la cire, etc...

Comment se crée un nouvel essaim?...Une reine naît, sous l'influence du soleil et elle reste au sein de cette influence. Toute une armée d'ouvrières sont restées au sein de cette influence solaire et sont unies à la reine. Au cours de leur développement elles n'ont pas été séparées du développement de la reine. Quand une nouvelle reine apparaît, après que le vol nuptial ait eu lieu, la reine  sort et s'élance vers le soleil.  « Une nouvelle reine est née! » La multitude d'ouvrières qui étaient unies à la vieille reine, sont « éblouies », leurs yeux minuscules voient et elles ne peuvent supporter la lumière de la nouvelle reine alors tout le peuple commence à essaimer. La vieille reine fonde à nouveau une ruche et la nouvelle reine acquiert une nouvelle colonie. Une colonie reste dans la ruche mais les abeilles essaiment car elles ne peuvent tolérer la nouvelle reine qui apporte une nouvelle influence solaire. Celle-ci reste dans une cellule arrondie en forme de sac  pour rester entièrement sous influence du soleil.

L'abeille supporte très mal toute influence extérieure, quelle qu'elle soit. Elle veut rester dans le monde de sa ruche, comme enfermée en elle-même car elle ne voit presque pas. Elle se déplace à tâtons, guidée par l'odorat et le goût  et elle éprouve toute influence extérieure comme un trouble et elle se défend avec son venin.

Un centre d'interprétation de l'abeille est accessible au public chez Api Culture Hautes Laurentides pour déguster les différents produits où un membre de l'équipe explique la salle d'extraction du miel, les méthodes de fabrication artisanale et le centre d'élevages de reines. On peut y découvrir la richesse florale de la région et les secrets qui font de l'abeille un insecte si extraordinaire et indispensable.

«Nous respectons les règles de l'art apicole où les abeilles sont toutes traitées comme des reines,  leur précieux miel récolté comme une offrande divine respect de leur travail titanesque».

Jadis les apiculteurs locaux vendaient le miel à l'état brut,  sans pasteurisation ni  filtration. Le brut des Miels d'Anicet est le meilleur exemple de ce que doit être l'apiculture car il est bon pour la santé, conserve traces de pollen, propolis, cire d'abeille, propriétés et arômes originaux. Pour ces raisons, aucun miel ne doit être pasteurisé car alors il perd ses propriétés nutritives et médicinales.

Goûter un bon miel est un plaisir qu'aucun mot ne peut décrire. Produire un miel de qualité ne doit jamais s'écarter de ce critère essentiel. Respect des abeilles, goût, arômes, bienfaits-santé et plaisir forment la véritable essence de l'apiculture traditionnelle. Considérant la valeur et le rôle de l'abeille dans nos vies quotidiennes, nous apprécions votre support pour le noble travail des abeilles et l'appui que vous donnez à l'agriculture régionale et à la survie des écosystèmes.

Anicet Desrochers, Apiculteur. Api-Culture Hautes-Laurentides

 

 

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