Foire de l'environnement et de l'habitation - à Brome, les 25 et 26 septembre prochain.
www.projetecosphere.org
La loyauté envers nos convictions
Pour la 5e édition de la foire de l'environnement et de l'habitation saine Projet ÉCOSPHÈRE, je me suis vraiment offert un cadeau. Les conférenciers que nous avons recrutés portent les opinions que je défends depuis plusieurs années.
Serge Mongeau, auteur et membre fondateur de la maison d'édition Écosociété ainsi que le conférencier Pierre Jasmin, président des Artistes pour la paix, traiteront d'un des sujets qui me préoccupent le plus, soit la plus grande cause de dévastation sur terre : la guerre.
Comment pouvons-nous dépenser, voire investir autant d'argent et de ressources pour soi-disant sauver des peuples, maintenir un régime politique, ou pire, prétendre défendre la démocratie? Que le fléau de la guerre existe encore de nos jours me renverse...
Le bilan d'une guerre est toujours le même : des innocentes et innocents meurent, se font mutiler et violer. La grande majorité des guerres pourrait être évitée, les conflits armés empêchés par la négociation, mais dans plusieurs cas, ils sont créés de toutes pièces dans un seul but : assurer une mainmise sur le pétrole, des ressources naturelles ou pour la vente d'armes. Je serais bien curieux de trouver les données sur la quantité d'énergie nécessaire à la formation et au transport des troupes, à l'armement, aux opérations militaires elles-mêmes, sans compter les coûts associés à la destruction environnementale et patrimoniale, puis à la reconstruction.
Une chose est certaine, ces chiffres sont faramineux. Quand je travaillais pour le Ministère de l'Expansion industrielle et régionale au début des années 90, le gouvernement canadien donnait 300 millions de dollars aux fabricants d'armes uniquement pour l'acquisition d'équipement. Imaginez maintenant la somme que tous les pays, ensemble, peuvent dépenser. Par exemple, le Brésil a signé en 2008 une entente de plusieurs milliards avec la France pour l'achat d'armes...
Autres sujets qui me préoccupent au plus haut point : les évasions fiscales et l'écart croissant entre riches et pauvres, thèmes qui sont trop souvent passés sous silence. Si on prend juste le Canada, au début des années 90, 88 milliards dormaient dans les banques des paradis fiscaux. Dormaient, parce que cet argent ne contribue en aucun cas au développement économique, social et environnemental. Cet argent, sorti du pays en ayant échappé au fisc avec la bénédiction de nos dirigeants, a en fait une valeur beaucoup plus élevée.
L'auteur de Noir Canada, Alain Deneault, présent au Projet ÉCOSPHÈRE cette année, viendra exposer les conséquences désastreuses à la fois sur l'environnement et sur l'économie de ces manques à gagner qui se cumulent depuis de nombreuses années. Justement, un article récent du très sérieux Centre canadien des politiques alternatives (CCPA) révélait que la fortune totale des 10 familles canadiennes les plus riches est évaluée à 167 milliards de dollars. On peut se demander au détriment de qui et de quoi s'amassent de telles richesses...?
Considérant les énormes déficits des différents paliers de gouvernement ainsi que les 50 milliards par année nécessaires pour payer uniquement les intérêts sur la dette canadienne, comment peut-on affirmer par la suite que les gens vivant de l'aide sociale coûtent cher aux gouvernements, sachant que 1 $ consenti aux moins fortunés retourne directement dans l'économie locale, tandis que le même 1 $ en crédits d'impôt aux plus riches s'entasse dans les banques?
Nous devons travailler à récupérer les sommes colossales disparues dans les abris fiscaux afin de diminuer la dette, autrement les générations futures devront en assumer le lourd fardeau au détriment des services de santé et de l'éducation.
Dans une de ses conférences, Serge Mongeau traitera de décroissance. Compte tenu de la surconsommation généralisée et du gaspillage éhonté des ressources, il devient impératif que nous fassions adopter par nos gouvernements des mesures pour contrer ces comportements individuels et collectifs lourds de conséquences.
Voici un exemple simple : comment se fait-il qu'il y ait encore de nombreux automobilistes et camionneurs qui laissent le moteur de leur véhicule en marche alors qu'ils ne roulent pas? L'habitude de laisser tourner son moteur au ralenti plus de 10 secondes représente plus d'un million de litres d'essence brûlés inutilement chaque année au Québec. À 1 $ le litre, imaginez la somme qui va directement dans les coffres des compagnies pétrolières hors de la province. Au Québec, on dépense chaque année de 6 à 8 milliards pour le pétrole... Il s'agit là d'un déséquilibre commercial difficilement compensable par les entreprises québécoises, d'où l'importance pour nous d'investir dans les énergies renouvelables.
À l'heure où se produit le désastre écologique du golfe du Mexique, nous ne pouvons plus ignorer le lien entre nos gestes quotidiens et des événements d'une telle ampleur. C'est d'ailleurs le thème de la conférence que donnera Charles Tisseyre, animateur du magazine scientifique télévisé Découverte à Radio-Canada, le vendredi 24 septembre prochain en ouverture de la 5e édition du Projet ÉCOSPHÈRE de Brome : « Catastrophes écologiques : conséquences économiques, sociales et environnementales ».
Loyaux festivaliers et festivalières, gens de parole et d'action, fidèles à leurs convictions, c'est pour vous que nous organisons chaque année le Projet ÉCOSPHÈRE, foire de l'environnement et de l'habitation saine. Car c'est avec vous que nous voulons changer le monde pour le bien commun et celle de notre planète avant tout. Nous vous attendons; soyez à nouveau des nôtres du 24 au 26 septembre 2010! ******
Éric Ferland, membre fondateur
Groupe ÉCOSPHÈRE