INTRODUCTION À L'ARCHITECTURE ÉCOLOGIQUE
L'être humain et ses gestes ont un impact sur l'environnement, particulièrement les projets de construction. Les conséquences écologiques devront être justifiées par des bienfaits du bâtiment dans l'avenir, par son utilité sociale, par sa valeur économique et par le plaisir esthétique qu'il apporte. Les préoccupations environnementales deviennent de plus en plus présentes en architecture. Beaucoup sont déjà très sensibilisés à toutes les questions de protection de l'environnement et d'utilisation intelligente des ressources naturelles et à plus forte raison les architectes. Il est évident que toutes ces préoccupations, les recherches qu'elles suscitent et les valeurs qu'elles sous-tendent ont une forte influence sur leur travail. Il est donc judicieux d'étudier les nombreux aspects environnementaux considérés en architecture, soit dans toute forme de construction. Qu'il s'agisse de décoration, rénovation, agrandissement ou nouvelle construction, les préoccupations environnementales doivent être toujours présentes, à petite comme à grande échelle. Une maison saine est saine à partir de l'environnement du terrain jusqu'à la planète et devra générer sa propre énergie et sa nourriture pour être plus autonome.
Les choix que nous faisons comme consommateurs pour des produits d'utilisation courante ou pour des matériaux et procédés de construction, ont des conséquences environnementales. Le prix que nous payons pour ces produits et matériaux est loin de tenir compte des frais occasionnés par la pollution et la perte des ressources naturelles. Dans notre société de consommation, la science nous apporte de belles solutions mais aussi et sournoisement tout un cortège de problèmes découlant d'un manque d'études d'impacts. Après des années de progrès , on se retrouve face à une réalité environnementale lamentable devenue difficile à corriger.
Reconnaissons l'effet de ce progrès en tant que menace à l'existence d'un espace humain. Les bénéfices recherchés à court terme entraînent des séquelles à long terme et le prix à payer pour rétablir un environnement humain idéal devient de plus en plus élevé et problématique. Il est primordial de concilier l'écologie et le progrès technologique et économique. En prenant conscience que toutes nos décisions ont des implications sur l'environnement et notre santé, nous avons déjà fait un pas vers des solutions.
L'écosystème est un milieu complexe d'éléments vivants évoluant en interaction constante par un processus merveilleux permettant la régénération de notre planète. Notre civilisation, par des influences technologiques, impose dans le milieu vivant des déséquilibres, des dysharmonies. Les conséquences de nombreux actes humains entraînent l'extinction de différentes espèces végétales et animales, la diminution de la qualité de l'air et de l'eau, la diminution de la couche d'ozone, l'effet de serre et le réchauffement de la terre, l'appauvrissement et l'érosion du sol, la réduction du milieu agricole par l'étalement urbain, la consommation énergétique inefficace, l'accumulation de déchets toxiques et de la pollution visuelle et sonore.
Les progrès de notre civilisation ont généralement pour objectif l'amélioration de la qualité de vie du genre humain, mais ce but n'est pas toujours situé dans une perspective globale. À long terme, des abus et des erreurs dans l'utilisation de nos richesses naturelles altèrent notre écosystème et les répercussions ne tardent pas à se manifester chez l'être humain. Les maladies environnementales tels : maux de tête, fatigue, allergies, hyperactivité, asthme, hypersensibilité environnementale, cancer, etc. sont des problèmes de santé de notre époque.
En tant qu'êtres humains responsables des actes posés nous devons reconnaître les limites de notre place dans l'écosystème et comprendre et respecter les règles de vie de cette unité écologique. Comme membres de la société, nous devons apporter une contribution positive et cela doit s'appliquer à l'égard de tout notre environnement. Mais, alors que des règles bien établies guident nos rapports sociaux, nos comportements envers notre milieu de vie ne sont pas toujours bien éclairés, compris et interprétés.
La technologie utilisée dans plusieurs domaines qui nous concernent tous de très près reste pour plusieurs obscure, inexpliquée et incompréhensible. Il devient ainsi difficile d'être pleinement conscients des répercussions de nos décisions. Autrefois, les matériaux utilisés dans la vie quotidienne étaient simples et aisés à comprendre, mais aujourd'hui, nos choix vont vers l'utilisation de produits de plus en plus sophistiqués de produits chimiques; cela ne doit pas diminuer pour autant notre responsabilité envers l'équilibre de notre planète.
L'HABITAT IDÉAL, UN HABITAT ÉCOLOGIQUE
À travers temps, cultures et climats, l'habitat a toujours eu le rôle de protéger les gens de leur environnement pour procurer santé et confort et d'être source de sécurité de leur être en plus de combler l'être dans sa totalité.
L'environnement de vie, c'est plus qu'un espace habitable. Les réalisations architecturales abritent des êtres biologiques et on doit se préoccuper en tout premier lieu de leur santé, de leur confort et de leur sécurité. Mais, plus encore, le design des bâtiments doit atteindre un niveau de subtilité tel qu'il puisse tenir compte non seulement du bien-être physique de l'être humain mais aussi de ses dimensions psychologiques et sociologiques. Évidemment, notre environnement construit peut répondre facilement aux besoins physiques des utilisateurs mais une bonne architecture doit aller plus loin et fournir un contexte dans lequel la personne pourra s'épanouir.
Ce niveau de design est plus subtil et difficile à réussir. C'est exactement cette complexité qui devient le défi : réaliser un habitat qui réponde à l'ensemble des activités et attentes de la personne à tous les niveaux.
L'individualité de la personne, en plus de ses caractéristiques physiques, est une combinaison unique de particularités dans les sphères sociale, psychologique, philosophique, spirituelle, culturelle, artistique, éducationnelle et des expériences vécues. Ainsi, l'unicité et la richesse de chaque personne vient composer la diversité humaine qui doit être cultivée pour que chaque personne puisse donner le meillleur d'elle-même. C'est une grande responsabilité de fournir le contexte idéal pour que cela puisse se réaliser.
Une maison devrait donc être un prolongement harmonieux de notre corps et un appui comportemental à notre vie par ses formes, volumes, proportions, dimensions, circulation, éclairage, couleurs, textures et odeurs. En utilisant tous ces facteurs, on peut peindre, de notre palette, une œuvre riche et profonde.
Tous les éléments doivent être réunis pour encourager et soutenir l'être dans son esprit et son âme dans la réalisation de son potentiel. En comprenant mieux qui est l'utilisateur, on précisera et définira les contextes culturel et environnemental et on sera ainsi mieux outillé pour répondre adéquatement et équitablement à toutes les exigences tangibles et intangibles.
Par la qualité de l'environnement, dans ses aspects physiques et autres, on assure le meilleur cadre de vie et en conséquence une meilleure qualité de vie. Un habitat devrait contribuer à la santé physique et mentale de ses utilisateurs. Avec ce souci, ils s'y sentiront bien et y retrouveront la vitalité, l'énergie, l'exubérance, la joie et le bonheur.
En visant le bien-être des gens et de l'environnement, on pourra concevoir des espaces idéals où ils pourront jouir de la vie dans un contexte sain et agréable. Mais un tel design, tant pour la santé et le confort physique et psychologique des personnes que pour la qualité environnementale, malgré les nombreuses contraintes qu'il suppose, offre de très intéressantes opportunités. Voilà de nouveaux défis qu'il importe de relever à la fois individuellement et collectivement.
UNE ARCHITECTURE RESPECTUEUSE DE LA NATURE
Notre société est régie par un système social, économique et politique axé sur l'être humain, ses technologies et sa maîtrise de la nature. Le progrès est le moteur de notre développement, souvent aux dépens de l'état de l'écosystème qui est la base de la vie. Hélas, la bonne marche de l'économie devient souvent le seul critère de mesure de l'avancement de notre société. Notre perspective sur la vie est dominée par les préoccupations économiques et nos décisions reflètent exagérément cette valeur. Notre sphère économique n'est qu'un des multiples aspects qui doivent former un tout équilibré et la nature a été souvent sacrifiée pour des fins économiques.
Chez nos ancêtres, la vie quotidienne était en lien étroit avec la nature pour des fins agricoles et sa compréhension et son respect étaient plus évidents. Mais avec la réorientation de notre société actuelle vers les villes et la technologie, la complémentarité de l'homme et de la nature a été négligée. Le manque de perspective concernant les systèmes écologiques a fait en sorte que les orientations technologiques n'ont pas toujours été respectueuses de la réalité des processus naturels. Maître de la technologie, l'homme gardera confiance dans sa façon de contrôler la nature jusqu'à ce que celle-ci lui joue un tour et lui démontre de nouveau sa puissance, qui exige le respect. Cette lutte n'est cependant pas sans conséquences néfastes pour certains éléments de l'environnement moins pourvus de moyens de défense et pour celui de l'homme.
Notre société, maintenant plus éveillée aux conséquences néfastes du progrès à tout prix, doit adopter une philosophie de développement durable équilibré qui a comme but d'améliorer les conditions de toute forme de vie. Malgré les avantages apportés par la technologie, il demeure que la qualité de l'environnement est l'élément qui a encore la plus grande influence sur la qualité de notre vie. Comme membre de l'écosystème, l'homme est en interdépendance avec l'ensemble environnemental. Le bien-être de son environnement assure son propre bien-être.
Dans la déclaration du sommet de Rio en 1992, ces grands principes sont exprimés comme suit : « Les êtres humains ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature...Le droit au développement doit tenir compte de l'environnement et des besoins des générations présentes et futures...La paix, le développement et la protection de l'environnement sont interdépendants et indissociables. »
Pour être respectueux de la nature, on doit développer une architecture adaptée, spécifique à notre culture et à notre climat dans toutes les variations de ses cycles naturels quotidiens et saisonniers. Une maison saine est saine à petite et à grande échelle, soit de l'environnement immédiat d'intérieur et du terrain à celui de toute la planète, des utilisateurs à la collectivité.
L'air, l'eau et la terre sont des ressources qui, combinées avec le soleil qui fournit l'énergie, sont essentielles à tous les êtres vivants. Sur cette base vitale se situe l'écosystème des végétaux et des animaux qui doivent se maintenir en équilibre avec l'ensemble. L'Homme fait partie de cet ensemble et il ne doit pas s'imposer pour détruire les fragiles interdépendances de ses composantes.
Par son puissant intellect, l'être humain cherche à s'améliorer et à se dépasser, se distinguant ainsi des autres espèces vivantes partenaires du même environnement. Mais nous devons bien admettre, à regret, que la technologie a été utilisée sans discernement et nous avons développé une philosophie de domination de la nature, perdant ainsi notre respect pour elle.
Il faut donc atteindre un niveau de conscience encore plus élevé, afin d'occuper notre place dans l'univers dans le respect de celle des autres au-delà de notre seule génération. Le respect de la nature est une forme ultime du respect de nous-mêmes et de nos enfants.
DavidLeslie,Architecte
(819) 875-2929