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L’Apiculture, l’hivernage des abeilles

 L'Apiculture, l'hivernage des abeilles et l'Homme

  Les abeilles cohabitent avec l'humanité depuis longtemps. Elles étaient domestiquées dans l'ancienne Égypte il y a 5000 ans!

  Depuis l'an 2000, il y a maintenant un syndrome d'effondrement des colonies. Plusieurs facteurs concourent à la difficile survie des abeilles. Un majeur, les pesticides systémiques (néonécotinoïdes) enrobant les semences des principales cultures (blé, maïs, tournesol, soya, canola...) font perdre la mémoire aux insectes qui ne rapportent plus les récoltes à la ruche d'où l'effondrement rapide.

   L'apiculteur a aussi des responsabilités! L'usage possible de 11 différents médicaments (acaricides et antibiotiques) n'améliore pas la vigueur naturelle des élevages. La sélection naturelle (#) est plus sûre et efficace.

  L'hivernage est le prélude au dynamisme printanier.

  Depuis des décennies, les ruches sont nourries de sirops de sucre industriel, leur ayant retiré leur miel. Question de rentabilité et supposément de facilité d'hivernage !

   Une étude russe voulant évaluer l'impact du nourrissage au sucre a mesuré que les glandes hypo-pharyngiennes (celles qui secrètent la gelée royale dont sont nourries les jeunes larves et la reine toute sa vie) diminuaient de volume  après le nourrissage au sucre. Les ouvrières et la reine reproductrice sont approvisionnées par des nourrices déficientes ! Ça part mal la vie !

  Un seul cycle de ce régime serait négligeable, mais répété près d'un siècle...?!

   À la ferme...La Fée, notre cheminement en agriculture biologique nous a amené à laisser une réserve de miel pour les besoins d'hivernage et de développement  sans les nourrir.

  Nous opérons ainsi la sélection naturelle dans un milieu où elles butinent principalement une large gamme de fleurs sauvages et de champs non soumis aux pesticides (tels pissenlits, trèfles et léontodon d'automne)

    Depuis 35 ans, nos ruches ont contribué à développer la flore leur convenant sur leur aire de butinage !

     Comme elles sont très liées à l'environnement par la flore, elles en sont un peu le baromètre. La météo équilibrée du printemps et de l'été leur est nécessaire pour un développement qui peut être exubérant.

    Durant cette période, comme apiculteur, nous leur choisissons des emplacements abrités, bien ensoleillés et répondons à leur besoin '' juste à temps '' ...

    Il faut savoir que la ruche est l'individu, l'abeille en est une cellule nerveuse et la reine, l'organe de reproduction !

    Cette colonie a en commun avec l'homme, la même température pour élever son couvain. Comme une mère porteuse de son bébé !

     Pour cela, nous les protégeons dès le début d'automne jusqu'à la fin du printemps d'un manteau d'hiver. Cela permet de libérer les butineuses en nécessitant moins de couveuses et une consommation de miel autorisant des surplus pour l'apiculteur!

    Comme chacun des êtres de notre écosystème, nous sommes tous inter-reliés. L'abeille, par son rôle de pollinisation, a un lien étroit avec nous. Beaucoup de fruits, légumes, noix et plantes fourragères dépendent des insectes pollinisateurs. Les grandes surfaces en cultures détruisent les milieux naturels des insectes sauvages. Il reste la responsabilité de la fécondation des fleurs par les abeilles domestiques pour 30% de notre alimentation !

    L'été est court; raison pour bien les préparer à l'hiver de quoi dépend la qualité du rebondissement printanier.

    Sous notre climat, l'hivernage donne l'occasion de fondre les vieux cadres pour récupérer la cire nécessaire aux fondations de nouveaux rayons, réparer et bâtir le matériel, fabriquer les chandelles, de l'hydromel, récolter la propolis... Il faut aussi planifier les nouvelles stratégies adaptées aux changements climatiques et des cultures favorables aux abeilles.

   Comprendrons-nous que la qualité des liens d'interdépendance entre l'homme et l'abeille, soit l'homme et la nature, représente le potentiel succès de notre civilisation?

   La règle d'or christique : Faire aux autres ce que l'on voudrait qu'ils nous fassent!

   Le miel, quintessence des fleurs, nectar attrayant de parfums condensés en miel dans la ruche, premier pas vers la formation parfaite de fruits bien pollennisés n'est certes pas moins important pour l'abeille et son hivernage que pour l'homme !

   Ce miel, beaucoup plus que du sucre industriel indigeste (car il doit s'associer au calcium... par le métabolisme humain) est constitué de sucres simples comme ceux des fruits, légumes, lait, céréales...l'énergie concentrée et disponible... Rudolf Steiner a affirmé que le miel est au vieillard, ce que le lait maternel est au nourrisson !

 - Une sélection naturelle 

Pour retrouver la vigueur et la vitalité nécessaires à la prospérité de l'abeille à notre époque, nous agissons sur les éléments que nous pouvons contrôler :

-    Des ruches en pin dans toutes ses constituantes au format représentant le dynamisme de notre saison nord-américaine (Modèle Langstroth). À ce sujet, une élève a demandé comment dresser les abeilles? Réponse : « Ce sont les abeilles qui nous dressent ! ». C'est l'apiculteur qui s'adapte au monde de l'abeille et la sert pour qu'elle produise plus facilement des surplus !

-   Le bois et la cire d'abeille non contaminés aux médicaments sont le 1° élément. Les polymères à la base des plastiques sont bio identiques à l'œstrogène (hormone féminine). Une surexposition aux hormones femelles peut produire des hommes roses et infertiles; mais les ruches sont constituées d'ouvrières aux ovaires atrophiés (seule la reine pond). Il n'est besoin que de quelques centaines de mâles pour garder l'harmonie. Il ne faut pas intervenir dans ce fragile équilibre par des éléments en plastique ou des médicamentations.

-  2° élément : Leurs miels et pollens diversifiés. Donc, se retirer  le plus possible des régions à usages intensifs de pesticides, cultiver des plantes mellifères si possible et se positionner à proximité des cours d'eau bordés de zones sauvages.

-  3° élément : Introduire un maximum de diversité génétique pour que, de leurs croisements, l'on retrouve la vitalité nécessaire à la résistance aux parasites en permettant de manifester des gènes récessifs presque oubliés. (Le contraire de la multiplication à l'infini d'une seul lignée du genre ''Starbuck'' chez la vache laitière. C'est le contraire de la biodiversité !

   Pendant les dernières décennies, les éleveurs de reines du monde (qui sont des apiculteurs très compétents) ont éliminé les lignées d'abeilles agressives! De plus douces étaient quand même productrices!  Erreur selon moi ! L'agressivité des abeilles les a toujours protégées. Cette sélection pour faciliter le travail a diminué la teneur en venin dans l'ambiance interne de la ruche! Elles sont devenues ouvertes au parasitisme. Preuve étant que si l'on introduit une dose convenable d'acide formique dans la ruche, beaucoup de varoas parasites meurent. L'acide formique est la constituante principale du venin  et nommé ainsi puisque découvert en premier lieu chez la fourmi.

   Comme les reines des meilleures ruches sont multipliées par milliers grâce à des méthodes efficaces de greffage de larves..., l'erreur a été multipliée rapidement. On a privé l'espèce d'un bagage génétique précieux !

   D'où l'importance de faire le chemin inverse et ensuite, laisser les ruches élever leurs reines elles-mêmes! Beaucoup moins rentable à court terme, mais la disparition des abeilles sera-t-elle rentable pour l'humanité à long terme?.. En attendant une concertation en ce sens, c'est ce que nous pratiquons et vivons de l'apiculture ! Oui, c'est beaucoup de travail...que l'on aime !

   Cette disparition serait-elle  précurseur de troubles majeurs pour l'humanité?

  Les produits de la ruche sont vivants et importants; leur pollinisation nécessaire!

Les difficultés de l'abeille pourraient-elles contribuer à nous éveiller ? ....................

Yves Castera

 

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